Mon travail prend aujourd'hui la forme d'un inventaire.
Sur des plaques de verre, je dessine et grave des objets, des vêtements, des fleurs, des fruits, des appareils photographiques, des fragments de textes ou des souvenirs personnels. Ces éléments apparemment ordinaires deviennent les témoins d'une histoire plus vaste : celle de nos expériences, de nos déplacements, de nos attachements et de notre mémoire.
Chaque œuvre fonctionne comme une cartographie sensible où se mêlent souvenirs intimes et références collectives. Les objets représentés ne sont jamais choisis au hasard. Ils constituent les traces visibles d'un vécu, les vestiges d'un moment, d'une rencontre ou d'une époque.
Le choix du verre est essentiel. Contrairement à la toile, il ne constitue pas une surface fermée mais un espace traversé par la lumière. Le spectateur s'y reflète, l'environnement s'y inscrit, les images se superposent au réel. L'œuvre n'est jamais complètement fixe : elle change selon le lieu, l'heure et la position du regardeur.
Cette transparence introduit une dimension supplémentaire. Les souvenirs représentés ne sont plus seulement observés ; ils dialoguent avec le présent et avec celui qui les regarde.
À travers cette série, je m'intéresse à la manière dont les objets construisent nos récits personnels. Un vêtement, un fruit, un appareil photo ou un mot manuscrit peuvent devenir les déclencheurs d'une mémoire affective et collective.
Mes œuvres proposent ainsi des inventaires poétiques où l'intime rencontre l'universel, où le passé se mêle au présent, et où le spectateur est invité à retrouver ses propres souvenirs dans ceux des autres.